Le quotidien difficile des auxiliaires de vie
Accompagnant les personnes âgées ou dépendantes, les auxiliaires de vie sont aujourd'hui en première ligne face à l'épidémie, plus exposés que jamais aux risques sanitaires.

Aujourd'hui, plus de 1,5 million de personnes exercent dans le secteur des services à la personne. Accompagnant les personnes âgées ou dépendantes, ces hommes et femmes sont aujourd'hui en première ligne face à l'épidémie, plus exposés que jamais aux risques sanitaires. Mal équipés en masques et en gel hydroalcoolique, les auxiliaires de vie continuent pourtant d'apporter au mieux leur soutien et leurs soins aux patients.
Un manque de protection
Martine est auxiliaire de vie à Rennes. À 58 ans, elle s’occupe au quotidien des personnes fragilisées et généralement assez âgées. Mais depuis le début de la crise du Covid-19, Martine doit faire face aux manques de moyens pour se protéger elle, mais aussi pour protéger ses patients, considérés pourtant comme personnes à risques : « On n'a rien pour se protéger ! On demande à des amis s’ils n’ont pas un masque ou des gants ; là on essaye de voir si on peut se procurer des masques en tissu, mais on ne sait pas ce que cela vaut. Notre responsable s’est déplacée plusieurs fois pour nous en procurer, on a eu seulement deux masques par auxiliaire ! »
Des tâches au contact direct du patient
Pourtant, les auxiliaires de vie sont obligés d'être au contact des personnes dont ils s'occupent. Martine le rappelle : « On fait tous les actes de la vie quotidienne, les toilettes pour les personnes handicapées, les repas, on les habille, on fait aussi la préparation du couché, pour certaines personnes, ce qui nous fait parfois finir tard le soir. ». Elle visite pourtant 8 foyers par semaine, et entre 5 et 6 personnes chaque jour. Dévouée et passionnée par son travail, l'auxiliaire de vie ne peut se résoudre à diminuer les visites : les personnes dont elle s'occupe sont vulnérables et dépendantes, l'absence de passage d'une auxiliaire de vie serait également un risque pour ces patients.
Bien que la peur soit présente, Martine tente de relativiser avec ces personnes âgées, comme avec Anne, 99 ans, qui garde le sourire après chaque passage de cette auxiliaire de vie. Car l'isolement dure parfois toute l'année pour ces personnes dont la mobilité est très réduite : au-delà d'apporter des soins, l'auxiliaire de vie permet de maintenir le dialogue et le contact avec ces personnes isolées.
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